LE Jazz par Madlib “Medicine Show No. 7 & 8: High Jazz & Advanced Jazz”

Vous savez, avant de m’attaquer à une chronique, je fait souvent un travail préparatoire. Oh, rien de bien méchant, juste un léger background check de l’artiste en question et, surtout, un coup d’œil attentif à sa discographie. C’est à ce moment précis que j’ai remarqué, un peu effaré, que, en cette année 2010, Madlib a sorti sept disques. Oui, sept. Sans compter ses productions pour Strong Arm Steady, Erykah Badu et Guilty Simpson (on annonce aussi une contribution au prochain superalbum de Kanye West).

MADLIB MEDICINE SHOW 7

madlib-1.jpg Dans cette production torrentielle, il est dur de s’y retrouver entre les beat tapes et autres sides projects. Ici, je ne parlerais pas de Madlib en tant que beatmaker mais plutôt en tant que jazzcat. Il est vrai que pas mal de ses dernières sorties sont consacrées à l’exploration de la musique de ses ainés et que son modèle avoué n’est autre que Miles Davis. Voila, donc, il est question aujourd’hui de la sortie successives des volumes 7 et 8 de la série des Medicine Show, tous les deux consacrés au Jazz.

“High Jazz” propose un son auquel Madlib nous a déjà assez habitué. Parfois entouré de ses copains Karriem Riggins, Ahmad Miller et James Poyser (rappelons que tous les morceaux ou presque sont “signés” de groupes imaginaires), il nous propose un Jazz multicolore, embrumé et souvent porté sur des rythmes soutenus. On retiendra “Pretty Eyes”, “Funky Butt” ou encore la reprise incroyable du Stevie Wonderien “Don’t You Worry Bout A Thing”.

(…) Il en résulte une traversée passionnante de l’histoire du Jazz faite de jams endiablés, désordonnés, souvent furieux et d’interludes (…)

madlib-2.jpg “Advanced Jazz” se place dans une optique différente. La démarche de ce projet un peu fou est de dresser un vaste hommage aux grands noms du Jazz. Cela démarre avec la pochette: une toile de peinture datant du XIXème dans laquelle on retrouve Miles, Coltrane, Herbie Hancock, Pharoah Sanders et bien d’autres. D’ailleurs, chaque piste porte le nom d’un glorieux ainé, tentant de recréer la touche de chacun d’entre eux.

Il en résulte une traversée passionnante de l’histoire du Jazz faite de jams endiablés, désordonnés, souvent furieux et d’interludes donnant la parole à toutes ces figures légendaires. L’ex-Lootpack réussit ici le tour de force de s’inspirer sans copier et de s’épancher sans ennuyer.

madlib-3.jpg L’inspiration de Madlib semble ne jamais se tarir et plus on avance dans le temps, plus on découvre que le californien est un artiste aux multiples facettes. En plus de sa production Hip Hop toujours impeccable (à peu de choses près), il démontre encore un peu plus avec cette double sortie audacieuse qu’il est un jazzman au talent très sur. On commencerait presque à croire que le Hip Hop devient un terrain trop étroit pour lui.

Madlib a les moyens de devenir un des artistes Jazz les plus doués de sa génération. Mais en a t-il vraiment envie?

Soul Brotha

Etudiant marseillais de 21 ans, féru de Hip Hop (français d’abord puis américain) depuis ses 12 ans. Il découvrit véritablement la force et la créativité de cette musique lors de l’écoute de "Black On Both Sides" de Mos Def. Depuis, il a élargi ses gouts, s’ouvrant à la Soul, au Jazz ou au Rock mais aussi au Broken Beat ainsi qu’au Future Jazz. Parmi ses artistes et groupes favoris, on trouve Pete Rock, A Tribe Called Quest, Miles Davis, 4Hero, Incognito, Roy Ayers, Micatone ou encore DJ Spinna... Aujourd’hui, il chronique disques et concerts pour tenter de faire connaitre ce qui mérite de l’être dans le petit monde de la Musique.

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